Introduction



















Bienvenue sur le site du Projet Paléoclimat Tunisie !
Depuis 2010, notre équipe a renforcé sa capacité à déterminer comment et pourquoi les précipitations ont évolué par le passé. Ces données contribuent à une meilleure prédiction des futurs changements climatiques. L’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Ouest sont tous particulièrement exposés aux variations des précipitations, car la disponibilité en eau contrôle la végétation et limite les activités humaines. Si les précipitations à venir diminuent – comme cela semble probable – les écosystèmes et les sociétés subiront de fortes pressions. En tant que scientifiques, nous sommes mis au défi de fournir les meilleures prévisions climatiques possibles. Pour ce faire, nous devons nous plonger dans le passé.
Nous savons que de grandes parties de l’Afrique du Nord étaient plus humides par le passé. De nombreux lacs et rivières sont maintenant asséchés et seul l’art rupestre témoigne de ces paysages transformés. Nos recherches étudient ces indices pour révéler comment les précipitations régionales réagissent aux changements climatiques. La température et la distribution de la chaleur, en particulier, sont deux paramètres importants pour le climat futur.
De petits débuts
En 2010, Mike Rogerson et Dirk Hoffmann ont effectué une première visite en Tunisie pour évaluer le potentiel scientifique. Avec l’aide du professeur Nejib Kallel, ils ont fait connaissance de notre grand ami Moez Mansoura et débuté une collaboration fructueuse avec l’Office National des Mines. Grâce à Moez, nous avons découvert une communauté spéléologique dynamique apportant un précieux soutien sur le terrain (voir photo ci-dessus). Une visite de la Grotte de la Mine (ci-dessous) a permis d’esquisser une stratégie de recherche. Nous utiliserons des stalagmites comme enregistreurs du passé pour comprendre comment la pluie a changé dans la région au fil du temps !
Nos idées ont avancé, évolué et mûri au cours des deux années suivantes. Pendant ce temps, la Tunisie connaissait ses propres changements menant à la Révolution de 2011. Avec le soutien du Leverhulme Trust, nous avons réuni un groupe international de scientifiques pour travailler sur cette thématique. Pendant trois ans, nous nous sommes rencontrés, avons échangé nos points de vue et visité de nombreuses cavités et sites pouvant nous renseigner sur les précipitations passées en Tunisie. L’équipe et le projet ont grandi, nos idées se sont développées. Nous nous sommes rendus dans des laboratoires pour analyser les échantillons prélevés lors de nos visites sur le terrain. Nous avons rédigé de nombreux projets de recherche, jusqu’à ce que notre chance vienne.
Pluie dans le désert

Grâce au généreux financement du NERC, nous allons de l'avant avec une confiance renouvelée. De 2022 à 2025, nous compléterons notre compréhension du passé reposant sur les enregistrements stalagmitiques par l’information contenue dans les "lœss", ces tas de poussière qui s'accumulent dans les vallées du sud de la Tunisie lorsque le climat est sec (voir ci-dessous). Nous combinerons ces enregistrements pour réexaminer les modèles climatiques et évaluerons les prévisions pour l'avenir. Réunir ces trois approches est un objectif scientifique à part entière. Conscient du défi qui nous attend, nous sommes impatients de voir ce que nous trouverons au bout de l’aventure. C'est ainsi que nous avons expliqué notre projet aux bailleurs de fonds.
Les régions tropicales semi-arides sont essentielles pour comprendre les téléconnections climatiques à l’échelle globale. Les populations vivant dans ces régions sont très sensibles au changement climatique et une augmentation de l’aridité entraînerait de graves famines, un effondrement économique, des conflits et des migrations de réfugiés et économiques. Les modèles de circulation générale utilisés dans les rapports du GIEC indiquent que les régions arides sensibles connaîtront un tel assèchement au cours des prochains siècles. Mais la confiance dans cette prédiction n’est considérée que comme “moyenne”, et se trouve être en conflit avec les études paléoclimatiques qui indiquent que les périodes chaudes sont souvent corrélées avec des phases humides dans les régions sub-sahariennes de l’hémisphère nord. Par conséquent, les décideurs manquent de la clarté requise pour planifier l’avenir. Ce projet rassemble une équipe diversifiée de paléoclimatologues et de modélisateurs pour transformer la base empirique sur laquelle se fonde notre connaissance du climat en Afrique du Nord. En combinant l’archive environnementale des grottes et des sédiments de surface, en appliquant des approches analytiques de pointe et en développant de nouveaux produits de modélisation prospective et d’assimilation de données, nous améliorerons considérablement notre connaissance des régions tropicales arides et leur réaction aux changements de températures globaux. Nous produirons de nouvelles données à la fois sur les changements lents du climat, causés par les modifications de l’orbite terrestre, mais aussi sur les changements rapides qui résultent de la variabilité du système terrestre lui-même. Comprendre les changements climatiques résultant de la variabilité naturelle améliorera considérablement notre capacité à prévoir, comprendre et atténuer les problèmes futurs. Au cœur de « Pourquoi pleut-il dans le désert ? » se trouve une précieuse archive environnementale constituée de stalagmites et d’un épais tas de poussière transporté par le vent (lœss). Couche après couche au gré de l’eau s’infiltrant à travers le toit de la grotte, les stalagmites enregistrent les périodes pluvieuses et informent sur les quantités d’eau fournie. Lorsque l’eau fait défaut, la stalagmite cesse de croître et n’enregistre donc plus le climat régional. Ainsi, la datation des phases de croissance d’une stalagmite révèle quand la région était humide. De plus, la chimie de la stalagmite informe sur l’origine de l’humidité, la quantité de précipitations et l’abondance de la végétation en surface. Les métaux et les isotopes incorporés dans la calcite ainsi que les minuscules gouttes d’eau conservées entre les cristaux révèlent à quel point l’Afrique du Nord était différente par le passé. Pour comprendre les périodes arides, nous nous intéresserons également aux dépôts de lœss accumulés en surface. Ces dépôts de poussière contiennent des limons transportés sur des centaines de kilomètres et les grains de zircon peuvent être datés en utilisant leur composition radio-isotopique. Leur âge nous indique quand la roche mère s’est formée. Combinée à d’autres caractéristiques chimiques, cette “empreinte digitale” permet de retracer leur transport jusqu’au site où nous les avons trouvés. Ensemble, les stalagmites et la poussière nous diront quand et comment le climat a changé en Afrique du Nord et comment les températures globales affecte la pluviométrie dans le désert. Avec ces nouvelles connaissances, nous pourrons tester les raisons de ces changements et prédire l’avenir avec beaucoup plus de confiance.
Plus à venir.
Notre projet actuel est passionnant et ambitieux, mais nos plans vont bien au-delà. Le climat de tout le continent africain est interconnecté, et nous joindrons nos efforts à ceux de beaucoup d’autres dans un effort pour mieux comprendre l’ensemble du système. Ce site Web évoluera pour communiquer ce que nous faisons et ce que nous avons découvert – nous espérons que vous nous accompagnerez dans ce voyage.